Mouvement inexact des trains
La CFTC traite le problème existent du mouvement inexact des
trains. La première étape pour traiter de cet important sujet
est de le documenter.
8 août 2008
la source: Bureau de la sécurité des transports du Canada
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R06T0022 |
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Injonction ministérielle |
Madame Wendy A. Tadros
Présidente
Bureau de la sécurité des transports du Canada
200, promenade du Portage
Place du Centre, 4e étage
Gatineau (Québec)
K1A 1K8
OBJET : RAPPORT FINAL D’ENQUÊTE R06T0022 – DÉRAILLEMENT EN VOIE
PRINCIPALE BUCKSKIN (ONTARIO) - LE 31 JANVIER 2006
Madame,
La présente fait suite à votre lettre du 2 juin 2008, laquelle
contenait les recommandations R08-01 et R08-02 du Bureau de la
sécurité des transports. Ces recommandations ont été soumises à la
suite de l’enquête sur le déraillement en voie principale du train
de marchandises 230-30 exploité par le Canadien Pacifique survenu au
point milliaire 114,65 de la subdivision MacTier, à Buckskin
(Ontario), le 31 janvier 2006.
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint ma réponse,
conformément au paragraphe 24(6) de la Loi sur le Bureau canadien
d'enquête sur les accidents de transport et de la sécurité des
transports.
Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
Original signé par
L'honorable Lawrence Cannon, C.P., député
p.j.
RÉPONSE DE TRANSPORTS CANADA AUX RECOMMANDATIONS SUR LA SÉCURITÉ
FERROVIAIRE R08-01 ET R08-02 DU BST - RAPPORT FINAL D'ENQUÊTE DU BST
R06T0022 - DÉRAILLEMENT EN VOIE PRINCIPALE À BUCKSKIN (ONTARIO), LE
31 JANVIER 2006
Rapport final du BST – Retrait des essieux montés suspects provenant
de l’atelier de roues Transcona
Des défaillances relatives à des roues lâches ont commencé à se
manifester en 2000 dans le parc de wagons de charbon du CN. À
l'automne de 2001, le CN avait déterminé que le problème résultait
de l'utilisation d'un processus modifié d'alésage des roues pendant
l'assemblage d'essieux montés de 36 pouces à son atelier de roues
Transcona entre avril 1998 et février 2001. Le recours à ce
processus modifié d'alésage a donné des essieux montés dans lesquels
la surface de contact entre l'alésage des roues et la portée de
calage était réduite. Dans des conditions normales de service, cette
diminution de la surface de contact occasionnait une augmentation
des contraintes auxquelles les autres surfaces de contact étaient
soumises et entraînait une usure par frottement des pointes des
spirales de l'alésage lorsque le wagon passait dans des courbes. Il
en a résulté des entailles sur la portée de calage qui ont causé un
relâchement progressif de l'ajustement serré des pièces. Tous les
essieux montés que l'atelier a produits en utilisant la méthode
modifiée d'alésage des roues (environ 43 800) sont fort susceptibles
d'être affectés par une ou des roues lâches, tout particulièrement
si les wagons munis de ces essieux circulent dans des territoires où
les courbes sont nombreuses.
Depuis qu'on a détecté les premières roues lâches, le CN et
l'Association of American Railroads ont amorcé un programme de
rappel visant l'ensemble de l'industrie, qui comprenait notamment
l'envoi du préavis d'alerte 5183 de l'AAR et de l'avis d'entretien
(MA) 74 de l'AAR. Cependant, en raison de lacunes du processus de
rappel, les mesures d'atténuation du risque n'ont pas donné tous les
résultats escomptés. Par conséquent, au moins 25 % (de 10 000 à 12
000) de ces essieux montés sont toujours en service six ans après le
rappel initial, et des déraillements dus à des roues lâches
continuent de se produire.
Jusqu'à maintenant, au moins 15 déraillements survenus au Canada ont
été attribués à des roues lâches d'essieux montés provenant de
l'atelier de roues Transcona, et 12 de ces déraillements sont
survenus après le début du processus de rappel. Comme la plupart de
ces essieux montés reprofilables ont une durée de vie utile
prolongée et comme le processus de rupture s'étale sur une période
prolongée, le risque de défaillance des essieux montés restants
continuera d'augmenter aussi longtemps que les essieux demeureront
en service.
Par conséquent, le Bureau recommande que :
« Le ministère des Transports veille à ce que tous les essieux
montés de 36 pouces dont l'atelier de roues Transcona du Canadien
National a assuré l'assemblage entre avril 1998 et février 2001
soient retirés de sous les wagons qui circulent au Canada. »
(R08-01)
Transports Canada (TC) accepte la recommandation R08-01. Le 13 juin
2008, TC émis une injonction ministérielle (copie ci-jointe) en
vertu de l’article 33 de la Loi sur la sécurité ferroviaire à la
Compagnie de chemin de fer Canadien national (CN) par lequel CN doit
identifier et retirer ces essieux montés du service canadien au plus
tard le 15 octobre 2008.
Rapport final du BST – Suivi des pièces des essieux montés :
En raison de lacunes du processus de rappel initial, le préavis
d'alerte 5183 et le MA 74 n'ont pas inclus quelque 17 000 essieux
montés suspects provenant de l'atelier Transcona qui avaient été
assemblés entre janvier 2000 et février 2001. À l'exclusion du CN,
l'industrie a mis jusqu'à juillet 2006 pour cibler l'ensemble de la
population d'essieux montés suspects et les retirer du service. Il
s'ensuit que de nombreux essieux montés sont demeurés en service ou,
comme cela s'est passé lors de l'événement à l'étude, ont été
retirés de sous le wagon original, ont été remis à neuf et installés
sous un second wagon.
Ce n'est pas la première fois qu'une population de roues affectées
par un défaut de fabrication connu cause des déraillements multiples
après avoir fait l'objet d'un rappel dans l'ensemble de l'industrie.
En 2004, deux personnes ont perdu la vie à la suite de la
défaillance d'une roue Southern qui a entraîné le déraillement d'un
train du Chemin de fer Canadien Pacifique (rapport d'enquête R04T008
du BST) à Whitby (Ontario). Précédemment, l'AAR avait ordonné le
rappel de roues produites par Southern Wheel, par Mafersa et par
Edgewater, qui étaient affectées par des défauts de fabrication
connus. Dans chacun de ces cas, l'industrie savait que ces roues
étaient susceptibles de connaître des défaillances et elle a amorcé
des rappels, mais elle n'a pas été capable d'assurer le suivi, de
localiser et de retirer du service toutes les roues avant qu'elles
ne connaissent des défaillances.
Quand on installe des essieux montés sous des wagons de marchandises,
des renseignements relatifs aux essieux montés, comme le mois et
l'année de fabrication, le code du fabricant, la catégorie de
traitement thermique, l'épaisseur du boudin de roue et de la table
de roulement, sont consignés. Toutefois, il n'y a aucune exigence en
ce qui a trait à l'enregistrement de la date de montage et des
numéros de série des roues, même si cette information peut être
obtenue facilement. L'absence des renseignements relatifs à la date
de montage et aux numéros de série des roues a posé des difficultés
fondamentales lors du rappel des essieux montés provenant de
l'atelier de roues Transcona. Si elle avait été disponible, cette
information aurait permis de procéder différemment pour localiser
les essieux montés défectueux. Une recherche dans les bases de
données de toute l'industrie aurait permis de localiser les essieux
montés suspects
provenant de l'atelier de roues Transcona, peu importe le wagon sous
lequel les essieux étaient installés au moment du rappel. De plus,
on aurait pu programmer les bases de données de façon qu'elles
produisent un message d'avertissement avant qu'on procède à
l'installation des essieux montés suspects provenant de l'atelier de
roues Transcona.
Les essais d'utilisation d'étiquettes d'identification par
radiofréquence comme moyen d'assurer le suivi des pièces des wagons
constituent une étape positive en vue du règlement des problèmes
dans ce domaine. Toutefois, si on la compare à l'industrie de
l'aviation, l'industrie ferroviaire n'est pas à la hauteur pour ce
qui est de localiser les pièces défectueuses et de les retirer du
service. Plus précisément, le Règlement de l'aviation canadien exige
que, dès qu'une pièce est installée dans une cellule, la pièce et la
procédure d'installation de celle-ci soient identifiées clairement
et que les données soient consignées de façon permanente. Ainsi, il
est possible de localiser facilement les pièces si un problème se
présente ultérieurement relativement aux pièces ou aux procédures
d'installation. Du fait de la transition vers un réseau mondial
d'approvisionnement au sein de l'industrie ferroviaire d'Amérique du
Nord, il est essentiel de compter sur un réseau qui offre la
possibilité de retracer efficacement et rapidement les essieux
montés potentiellement défectueux qui équipent des wagons de
marchandises.
Comme l'industrie n'a pas de moyen efficace pour localiser les
essieux montés une fois que ceux-ci sont retirés de sous leur wagon
d'origine, il est difficile de localiser les essieux montés
potentiellement défectueux et de les retirer du service avant qu'ils
ne connaissent une défaillance. L'incapacité de localiser rapidement
les pièces défectueuses des essieux montés a pour effet d'accroître
les risques d'une défaillance qui peut entraîner un déraillement.
Par conséquent, le Bureau recommande que :
« Le ministère des Transports veille à ce que les compagnies
ferroviaires se dotent de procédures et de technologies qui
permettront d'assurer le suivi de tous les essieux montés. »
(R07-04).
Transports Canada accepte la recommandation R08-02. Le 13 juin, TC a
émis une injonction ministérielle en vertu de l’article 33 de la Loi
sur la sécurité ferroviaire à la Compagnie de chemin de fer Canadien
national par lequel CN doit au plus tard le 13 décembre 2008, mettre
en place un système pour consigner et faire le suivi des principaux
éléments suivants, sans s’y limiter, tout au long de leur cycle de
vie : roues, essieux montés, essieux, roulements à rouleaux,
appareils de traction, attelages.


