La création d'une culture de sécurité fructueuse
8 mai 2010
la source:
Transports Canada

Le Groupe de travail sur les systèmes de gestion de la sécurité (SGS), où l’industrie du transport ferroviaire, les syndicats et Transports Canada sont représentés, a été créé pour donner suite aux recommandations faites sur les systèmes de gestion de la sécurité à la suite de l’examen de la Loi sur la sécurité ferroviaire. La recommandation 18 portait explicitement sur la culture de sécurité :

La Direction générale de la sécurité ferroviaire de Transports Canada et l’industrie du transport ferroviaire doivent prendre des mesures particulières pour parvenir à une culture de sécurité fructueuse.

Comme le comité consultatif sur l’examen de la Loi sur la sécurité ferroviaire le signalait dans son rapport, « la clé de voûte d’un SGS authentiquement fonctionnel est une solide culture de sécurité1  ».

La création d’une culture de sécurité fructueuse est le but ultime des SGS. Dans une compagnie ferroviaire, une telle culture peut réduire le nombre de tués et de blessés parmi les employés et le public, les dommages causés aux biens corporels par les accidents ferroviaires, ainsi que l’impact d’accidents sur l’environnement.

La culture de sécurité est toutefois une notion complexe, qui est difficile à définir. En termes simples, la culture de sécurité d’une organisation se manifeste par la façon dont les gens font leur travail - leurs décisions, leurs actions et leurs comportements définissent la culture de l’organisation.

Après un examen approfondi de la documentation sur la culture de sécurité et des pratiques exemplaires d’autres industries, le Groupe de travail sur les SGS a défini la culture de sécurité comme suit :

La culture de sécurité d'une organisation est le produit des valeurs, des attitudes, des perceptions, des compétences et des modes de comportement individuels et collectifs qui déterminent l'engagement envers le système de gestion de la santé et de la sécurité de l'organisation, ainsi que le style et la compétence de l'organisation en cette matière.

Les organisations qui ont adopté une culture de sécurité positive se caractérisent par des communications des divers intervenants fondées sur une confiance mutuelle, des perceptions partagées de l'importance de la sécurité et une confiance dans l'efficacité des mesures de prévention.

Le Groupe de travail a aussi identifié les pratiques qui définissent une culture de sécurité :

Voici une liste des éléments de chacune de ces pratiques :

Leadership et attachement à la culture de sécurité :
  1. Leadership clair et attachement net à la sécurité aux échelons des cadres supérieurs et hiérarchiques.
  2. Adoption de la sécurité comme valeur fondamentale à tous les échelons de la compagnie.
  3. Intégration de la sécurité à tous les échelons de la compagnie par des politiques, des processus, des méthodes, des objectifs et des initiatives.
  4. Participation des cadres aux activités de sécurité telles que les réunions des comités de santé et de sécurité, les inspections de sécurité et les vérifications.
  5. Auto-évaluation, y compris la comparaison et les leçons tirées, aux fins d’une amélioration continue à tous les échelons.

Dialogue :

  1. Processus multiples pour favoriser les communications cadres-employés (p. ex., les réunions sur la sécurité, les séances de discussion ouverte, les forums sur la sécurité, les exposés, le mentorat, les examens de rendement).
  2. Processus multiples pour faire mieux connaître la sécurité aux employés (p. ex., les bulletins d’information, les communiqués, les brochures, les flashs sur la sécurité, la formation).
  3. Ligne téléphonique confidentielle ou autres processus pour que les employés puissent signaler des incidents et des problèmes de sécurité sans craindre des représailles.
  4. Enquêtes sur la sécurité auprès des employés et des comités de santé et de sécurité.

Participation des intervenants, des employés et de leurs représentants :

  1. Comités de santé et de sécurité habilités qui prennent les devants (en établissant, p. ex., des plans d’action annuels en fonction des causes principales).
  2. Processus pour favoriser et augmenter l’efficacité des comités de santé et de sécurité.
  3. Participation aux évaluations des risques.
  4. Participation aux visites, aux inspections, aux vérifications de sécurité, etc.
  5. Participation aux enquêtes et aux mesures correctives.
  6. Participation à l’élaboration et à la mise en œuvre des programmes de sécurité à tous les échelons.

Culture d’apprentissage :

  1. Amélioration continue grâce aux examens internes et externes.
  2. Processus pour surveiller l’évolution de la sécurité (p. ex., l’analyse des tendances).
  3. Utilisation d’indicateurs avancés (p. ex., les accidents évités de justesse, les résultats des vérifications, les infractions aux règles, l’efficacité en matière de santé et de sécurité).
  4. Évaluations systématiques des risques.
  5. Mesures correctives systématiques après des enquêtes sur les accidents et les incidents.
  6. Vérifications internes du SGS.
  7. Vérification et contrôle de qualité des enquêtes sur les accidents et les incidents, des mesures correctives, etc.
  8. Processus internes pour échanger des connaissances et des pratiques exemplaires en matière de sécurité (p. e., un site Web pour les procès-verbaux de réunion et les plans d’action des comités de santé et de sécurité).

Culture équitable :

  1. Politiques de la compagnie qui veulent encourager les employés ou les récompenser et être équitables.
  2. Enquêtes complètes et objectives.
  3. Processus interne de renvoi des questions de santé et de sécurité non réglées aux échelons supérieurs.
  4. Recours interne des employés en matière de sécurité (p. ex., un médiateur en sécurité).
  5. Dépassement des infractions aux règles lors de la détermination des causes d’accidents ou d’incidents (p. ex., examen de facteurs tels que la formation, le repos, le savoir, la parfaite connaissance, la supervision et la clarté de la méthode de travail).
  6. Processus non punitif de production de rapports pour que les employés signalent les incidents, les accidents, les accidents manqués de justesse et d’autres préoccupations pour la sécurité.
     
    • Moyen simple et transparent de déterminer si des mesures disciplinaires sont justifiées.

Note:

1.  Renforcer les liens : un engagement partagé pour la sécurité ferroviaire : examen de la Loi sur la sécurité ferroviaire, novembre 2007.

Liens:


 

www.teamstersrail.ca