Nos emplois et nos salaires: les enjeux des élections
9 septembre 2008
la source:
Le Congrès du travail du Canada

Les enjeux des prochaines élections sont énormes pour les travailleurs et les travailleuses.

Nos emplois – l’avenir de nos communautés, la qualité de vie de nos familles – devraient être la préoccupation numéro un des politiciens et des politiciennes. Partout au Canada.

Nous avons besoin d’un gouvernement qui a une vision de l’avenir du Canada et qui est capable de soutenir la création d’emplois bien rémunérés dans une économie en évolution.

Chaque semaine nous apporte de nouvelles pertes d’emploi et fermetures d’usines.

Cette semaine, c’est le tour de l’usine John Deere de Welland, en Ontario. La semaine dernière, c’est la petite communauté de Lavington de l’intérieur de la Colombie-Britannique qui a écopé d’une perte de 300 emplois. L’entreprise qui a fermé son usine de verre avait aussi annoncé plus tôt cette année que ses usines de Scoudouc au Nouveau-Brunswick et de Toronto fermeraient leurs portes.

Chaque fois, on se demande si le gouvernement fédéral s’en soucie s'il n'y a pas d'élection imminente.

En juillet, le Canada a perdu 55 000 emplois à plein temps. En août, il n’y a eu aucun signe de reprise. Dans les grandes régions urbaines, de novembre 2002 à juillet 2008, il s'est perdu 93 000 emplois manufacturiers à Toronto, 70 000 à Montréal, 16 000 à Edmonton, 5 100 à Victoria et 1 700 à Halifax. Ces emplois procuraient en moyenne 21 $ l’heure, des avantages sociaux et un régime de pension. Les emplois permettant de faire vivre une famille semblent avoir disparu pour toujours, vu l’inaction du gouvernement face à la crise dans les secteurs manufacturier et forestier.

À une époque où nous connaissons la période de croissance et de prospérité la plus importante depuis la grande dépression, les salaires de la plupart des Canadiens et des Canadiennes n’ont augmenté en moyenne que de deux cents l’heure par année, rajustés à l’inflation. C'est cinquante cents l'heure sur 25 ans. Or, les plus importants chefs d'entreprises et les élites accumulent déjà le 2 janvier avant midi plus que la majorité d'entre nous après douze mois de travail.

Oui, nous avons besoin d’un gouvernement qui a une vision. Une vision pour aider nos secteurs vitaux à protéger les emplois et en créer. Une vision pour créer des emplois verts à bons salaires et permettre au Canada de devenir un chef de file mondial dans les technologies de l’environnement. Une vision pour aider les travailleurs et leurs communautés à s’adapter au changement économique. Une vision pour s’attaquer aux iniquités du Régime d’assurance-emploi et utiliser les surplus énormes pour améliorer l’accès des femmes aux prestations, aider les travailleurs qui veulent se réinstaller et fournir un soutien à ceux et celles qui doivent se recycler et qui veulent se former en vue d’un nouvel emploi.

Nous avons besoin d’un gouvernement fédéral qui accorde la priorité aux travailleuses et travailleurs canadiens et qui souscrit à une politique « fait au Canada », à l’exemple des États-Unis. Nous avons besoin d’un gouvernement fédéral engagé à investir dans l’infrastructure municipale et le transport en commun. Nous avons besoin d’un gouvernement qui fait passer la sécurité du public en premier grâce à des inspecteurs et à des responsables de la sécurité, plutôt qu’à l’auto-réglementation de l’industrie.

Nous avons besoin d’un gouvernement qui a à coeur nos emplois et nos salaires plutôt que la marge de profits des personnes déjà riches. Nous avons besoin d’un gouvernement fédéral qui a à coeur l’avenir de nos communautés et la qualité de vie de nos familles. Nous avons besoin d’un gouvernement fédéral qui travaille pour les travailleuses et les travailleurs du Canada.

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